Une chute de cheveux chez la femme peut être liée aux hormones de plusieurs façons, sans former un diagnostic unique. Vous trouverez ici comment reconnaître ses signes, distinguer les autres alopécies, savoir quand consulter et quels examens demander. Les traitements possibles sont détaillés ensuite, ainsi que la place des soins naturels en complément.
Comment reconnaître une chute de cheveux hormonale ?
Les cheveux d'origine hormonale ne tombent pas tous de la même manière. Une alopécie progressive, localisée sur le dessus du crâne, n'a pas la même allure qu'une chute brutale et répartie sur toute la tête. La différence se joue sur la répartition de la perte et sur sa vitesse.

Une raie qui s’élargit progressivement
L'alopécie de type féminin réduit peu à peu la densité sur le dessus du crâne : la raie centrale s'élargit. Dans les zones touchées, les cheveux deviennent parfois plus fins et plus courts. La ligne frontale, elle, reste généralement assez préservée.
Cette forme est fréquente : selon Dermato-INFO, environ une femme sur cinq présente une alopécie androgénétique à 40 ans. Des antécédents familiaux, du côté maternel comme paternel, orientent le diagnostic, sans que leur absence ne l'exclue.
Une chute diffuse plutôt qu’une perte progressive
Chaque cheveu suit un cycle capillaire en trois temps. La phase anagène, celle de la croissance, dure de 2 à 6 ans. Une transition de quelques semaines précède la phase télogène, temps de repos et de chute d'environ 2 à 4 mois.
Perdre 50 à 100 cheveux par jour relève du renouvellement habituel. Au-delà de 100 cheveux par jour, une telle chute mérite qu'on en recherche la cause.
L'effluvium télogène explique souvent ce type de perte : un nombre inhabituel de follicules bascule en même temps vers la phase de repos. Il en résulte une chute diffuse, parfois abondante, répartie sur l'ensemble de la chevelure.
Les signes qui évoquent une autre alopécie
Toutes les pertes de cheveux chez la femme ne relèvent pas des hormones. Certains signes visibles sur le cuir chevelu orientent vers un autre mécanisme :
- Plaques nettes : une ou plusieurs zones sans cheveux bien délimitées évoquent une pelade, d'origine auto-immune.
- Peau abîmée : croûtes, pustules, squames, douleur ou démangeaisons peuvent signaler une alopécie inflammatoire ou cicatricielle.
- Recul frontal en bandeau : après la ménopause, associé à une perte des sourcils, il peut évoquer une alopécie frontale fibrosante.
Les gestes du quotidien comptent aussi. Des coiffures qui tirent durablement sur les racines peuvent causer une alopécie de traction. À l'inverse, des cheveux cassés par la chaleur ou un défrisage ne signifient pas forcément une chute depuis le follicule.
Quelles situations hormonales peuvent faire tomber les cheveux ?
Les causes hormonales d'une chute changent selon l'âge et les étapes de la vie : sensibilité aux androgènes, grossesse, contraception, périménopause, thyroïde. Chacune agit sur le cheveu par un mécanisme différent.

Androgènes et sensibilité des follicules
Une chute de cheveux hormonale peut désigner une alopécie de type féminin, un effluvium après une transition hormonale ou une hyperandrogénie, c'est-à-dire un excès d'hormones masculines. La testostérone peut être transformée en DHT : chez les follicules sensibles, celle-ci participe à leur miniaturisation. Une alopécie reste possible malgré des taux sanguins d'androgènes normaux.
Le syndrome des ovaires polykystiques peut associer une hyperandrogénie à une perte au sommet du crâne ou aux golfes frontaux, selon l'Assurance Maladie. Cet excès d'androgènes peut aussi venir des surrénales.
Grossesse, post-partum et contraception
Pendant la grossesse, la hausse des œstrogènes prolonge la croissance de nombreux cheveux : la chevelure paraît plus dense. Après l'accouchement, un effluvium diffus apparaît souvent plusieurs semaines plus tard. Sans autre alopécie, cette perte de cheveux post-partum rentre habituellement dans l'ordre dans les 6 à 9 mois suivant la naissance.
La contraception joue aussi : son début, son changement ou son arrêt peut modifier transitoirement le cycle pilaire. En cas de syndrome des ovaires polykystiques avec hyperandrogénie, une contraception œstroprogestative peut au contraire améliorer certaines manifestations, selon l'Assurance Maladie.
Ménopause et autres variations endocriniennes
La périménopause peut durer plusieurs années, selon l'Assurance Maladie. Elle associe parfois cycles irréguliers, bouffées de chaleur, troubles du sommeil et perte de cheveux hormonale.
À la ménopause, la baisse des œstrogènes ne suffit pas à expliquer toutes les chutes. Une alopécie de type féminin et un effluvium télogène peuvent coexister ou se ressembler.
La thyroïde fait aussi partie des déséquilibres hormonaux en cause : hypothyroïdie et hyperthyroïdie peuvent entraîner une chute. L'hypothyroïdie s'accompagne parfois de fatigue, de cheveux secs ou cassants et d'une raréfaction des sourcils.
Quand consulter et quels examens envisager ?
Les variations hormonales ne sont qu'une piste parmi d'autres. Un avis médical permet de poser le bon diagnostic, puis de choisir les examens utiles plutôt qu'un bilan systématique.
Les signes qui justifient un avis médical
Certains signes doivent vous amener à consulter, avec un degré d'urgence variable :
- Perte progressive : raie qui s'élargit, densité visiblement réduite ou chute persistante.
- Chute brutale ou en plaques : perte soudaine ou zones nettes sans cheveux.
- Cils et sourcils : leur perte appelle un avis rapide.
- Cuir chevelu anormal : rouge, douloureux, pustuleux ou très squameux.
Une raie qui s'élargit ou une densité en baisse justifie une consultation pour distinguer une alopécie progressive d'une chute réactionnelle. Les signes de chute brutale, de plaques ou d'inflammation appellent un rendez-vous plus rapide.
D'autres symptômes orientent la recherche : fatigue importante, amaigrissement, règles abondantes, acné marquée, pilosité excessive ou cycles très irréguliers. Signalez-les au médecin, car ils justifient une exploration ciblée.
L’histoire de la chute et l’examen du cuir chevelu
Devant une chute diffuse récente, le médecin retrace les 2 à 3 mois précédents : accouchement, maladie avec fièvre, opération, amaigrissement important ou stress. La localisation, la vitesse d'apparition et les antécédents familiaux complètent l'enquête. Certains anticoagulants, traitements du cholestérol et antihypertenseurs peuvent aussi contribuer à une chute.
Une alopécie de type féminin typique se diagnostique surtout à l'examen. La trichoscopie, observation grossie du cuir chevelu, peut révéler des cheveux miniaturisés, des diamètres différents ou une inflammation. La biopsie reste réservée aux doutes, notamment cicatriciels.
Des analyses choisies selon les symptômes
Un bilan hormonal complet n'est pas systématique devant une raie qui s'élargit. Selon le contexte, le médecin demande une numération formule sanguine, une ferritine ou un bilan martial, et une TSH en cas de suspicion thyroïdienne. Avant la ménopause, des règles abondantes peuvent favoriser une carence en fer.
En présence de signes d'hyperandrogénie, la testostérone totale fait partie des dosages initiaux.
Quels traitements envisager et quelle repousse espérer ?
Le traitement découle du diagnostic posé. Selon la cause, il vise à corriger un facteur déclenchant ou à freiner une alopécie androgénétique, avec des délais de repousse très différents.

Traiter la cause avant d’attendre une repousse
Un traitement efficace de la chute de cheveux dépend d'abord de sa cause :
- Alopécie de type féminin : le minoxidil local en est le traitement ciblé.
- Carence en fer : sa cause est recherchée ; selon l'Assurance Maladie, le traitement d'une anémie ferriprive dure généralement au moins 3 mois.
- Maladie thyroïdienne : elle relève de sa propre prise en charge.
- Effluvium télogène ou pelade : ces formes appellent d'autres soins que le minoxidil.
Une fois le facteur déclenchant supprimé, la patience reste nécessaire. Dans une étude clinique publiée en 2021 sur l'effluvium télogène aigu féminin, la repousse pouvait commencer 3 à 6 mois plus tard. La récupération complète prenait souvent environ 12 mois.
Le minoxidil dans l’alopécie de type féminin
En France, des spécialités de minoxidil local à 2 % sont indiquées chez la femme adulte pour une alopécie androgénétique modérée. La notice d'une solution prévoit 1 ml deux fois par jour. Elle fixe un maximum de 2 ml par jour.
Le minoxidil n'est pas une hormone. Dans une alopécie de type féminin, la repousse sous minoxidil local à 2 % peut débuter après environ 3 à 4 mois. Le bénéfice disparaît progressivement à l'arrêt, avec un retour à l'état initial en 3 à 4 mois. Il peut irriter le cuir chevelu, et reste déconseillé pendant la grossesse et proscrit pendant l'allaitement.
Les autres options à discuter médicalement
Le minoxidil oral à faible dose est utilisé hors autorisation de mise sur le marché dans certains services de dermatologie. Ses effets indésirables systémiques possibles imposent une prescription et une surveillance médicales.
La spironolactone, un antiandrogène, peut être discutée chez certaines femmes, sans autorisation française pour cette alopécie. Le finastéride n'a pas d'indication française pour l'alopécie féminine et reste contre-indiqué chez la femme enceinte ou susceptible de l'être.
Le traitement hormonal de la ménopause ne se prescrit pas pour les cheveux : la Haute Autorité de santé rappelle que sa balance bénéfices-risques s'évalue individuellement. Une étude française publiée en 2024 a d'ailleurs associé certaines molécules progestatives à un risque accru de méningiome.
Quels soins naturels peuvent compléter la prise en charge ?
Les solutions naturelles ne remplacent pas un traitement médical adapté. En pratique, elles protègent la fibre, soutiennent les apports nutritionnels et accompagnent une chute réactionnelle.
Protéger la fibre et couvrir les besoins nutritionnels
Les bons gestes préservent les cheveux existants, sans corriger à eux seuls une cause hormonale ou une miniaturisation folliculaire :
- Shampoing doux : il respecte la fibre et le cuir chevelu.
- Coiffures moins serrées : elles limitent la traction sur les racines.
- Moins de chaleur et de chimie : réduire défrisages et traitements agressifs limite la casse.
L'assiette prend le relais : une alimentation suffisamment énergétique, riche en protéines, fer, zinc et vitamines, participe à la santé capillaire. Une supplémentation vise surtout une carence identifiée.
Compléments et cure anti-chute réactionnelle
Pris sans carence démontrée, les compléments de vitamines ou d'oligo-éléments n'ont pas prouvé leur efficacité contre une chute réactionnelle ou l'alopécie androgénétique. La biotine de certains compléments peut fausser des dosages thyroïdiens : l'ANSM recommande d'en signaler la prise au médecin et au laboratoire.
Glia-Paris propose une cure naturelle de 90 jours, à base de Moringa et de vitamines, fabriquée en France. Cette cure cible la chute réactionnelle liée au stress, à la fatigue ou aux changements hormonaux. Il accompagne une chute de cheveux hormonale sans constituer un traitement naturel de sa cause hormonale.
Huiles végétales et limites des preuves
Un essai randomisé publié en 2015 a comparé l'huile de romarin au minoxidil à 2 % chez 100 personnes pendant 6 mois : la croissance des cheveux progressait dans les deux groupes, sans différence significative ni équivalence démontrée. Un petit essai de 2021 mené chez 60 femmes a noté des améliorations après 3 mois d'huile de pépins de courge ou de minoxidil à 5 %. Évitez les huiles essentielles pures, sources de dermatite allergique.
Foire aux questions
Quelles autres causes que les hormones peuvent provoquer une chute de cheveux chez la femme ?
Une perte de poids rapide, un régime restrictif, une infection avec fièvre ou certains médicaments peuvent déclencher une chute diffuse. Les chimiothérapies provoquent souvent une chute brutale ; certains anticoagulants, traitements du cholestérol et antihypertenseurs aussi, généralement de façon réversible. Avant la ménopause, des règles abondantes peuvent favoriser une carence en fer, recherchée par ferritine ou bilan martial.
Une chute de cheveux après l’accouchement peut-elle révéler une alopécie de type féminin ?
Oui, une chute post-partum peut rendre plus visible une alopécie de type féminin préexistante, avec des repousses moins denses ou plus fines. La notice française déconseille d'utiliser le minoxidil sans avis médical après un accouchement.
Une femme peut-elle utiliser du minoxidil à 5 % ?
Non, la présentation française de minoxidil à 5 % est destinée à l'homme et n'est pas indiquée chez la femme, notamment en raison du risque de pilosité indésirable à distance de la zone d'application.

